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La politique de lutte contre le VIH/SIDA visée par le rapport 2010 de la Cour des Comptes

Dans son rapport 2010 la Cour des Comptes relève les faiblesses de la politique de lutte contre le sida en France, s’appuyant notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé, rendues publiques en octobre 2009.

Parmi les constats du rapport :
- Les dépenses publiques consacrées à la prévention et au dépistage du VIH ont un caractère marginal, en comparaison du coût de la prise en charge des personnes infectées par le VIH
- Le pilotage de la politique de lutte contre le VIH/sida par le ministère de la santé se caractérise par sa faiblesse et son manque de continuité
- La coordination entre les différentes directions du ministère de la santé et entre les ministères est insuffisante
- La prévention demeure insuffisamment ciblée et active en direction des groupes de population les plus touchés (homosexuels et migrants)
- Rares sont les messages publics qui s’adressent aux personnes infectées par le VIH et connaissant leur séropositivité afin de les inciter à adopter des gestes de prévention envers leurs partenaires réguliers ou occasionnels
- Le dépistage du VIH est insuffisamment étendu alors qu’un dépistage précoce conditionne l’efficacité des multithérapies et peut permettre l’adoption de gestes de prévention à l’égard des partenaires

La politique de lutte contre le VIH/SIDA, extrait du rapport 2010 de la Cour des Comptes
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/23_politique-de-lutte-contre-VIH.pdf

Le rapport annuel de la Cour des Comptes : téléchargement par chapitre
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/Sommaire-23.html


Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des IVG

Constats

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est inscrite dans le code de la santé publique depuis la loi du 4 juillet 2001, qui fixe par ailleurs un objectif ambitieux en matière d’éducation à la sexualité à l’école. La prévention des grossesses non désirées, l’accès à l’IVG et sa prise en charge dans de bonnes conditions figurent parmi les objectifs de la loi de santé publique du 9 août 2004 .

Huit ans après l’adoption de la loi de 2001 le contexte français demeure paradoxal : la diffusion massive de la contraception n’a pas fait diminuer le nombre des IVG, qui se maintient aux environs de 200 000 par an, et le fonctionnement réel des dispositifs contredit trop souvent la volonté affichée de donner la priorité à une approche préventive.

Ainsi les obligations légales concernant l’éducation sexuelle dans les établissements scolaires ne sont que partiellement et inégalement appliquées. Les jeunes peuvent recourir de façon gratuite et anonyme à la contraception d’urgence et à l’IVG, mais pas à la contraception régulière, sauf dans les centres d’éducation et de planification familiale, dont l’accessibilité demeure limitée.

Une partie des IVG apparaît donc évitable par un effort accru et mieux ciblé de prévention des grossesses non désirées.

La prise en charge de l’IVG a marqué des progrès réels, mais qui demeurent fragiles. La gestion des délais d’accès à l’IVG dans les établissements s’est dans l’ensemble améliorée (7 jours). Mais cette amélioration globale n’exclut pas la persistance de goulots d’étranglement dans certaines zones de fortes demande, notamment dans les grandes métropoles.

Pour ce qui concerne la contraception, la France se caractérise par une couverture contraceptive étendue, constituée à 80 % par des méthodes délivrées sur prescription médicale, avec une forte prédominance de la contraception hormonale orale (pilule). Mais le niveau des échecs contraceptifs est préoccupant : 72% des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception, et dans 42 % des cas, cette contraception reposait sur une méthode médicale, théoriquement très efficace (pilule ou stérilet)3. Ces échecs reflètent une inadéquation des méthodes et pratiques contraceptives, mise en évidence par les travaux de recherche et confirmée par les entretiens que la mission a pu avoir avec les professionnels de terrain.

Malgré le haut niveau de couverture contraceptive tous les problèmes d’accès à la contraception ne sont pas résolus.

L’information et l’éducation à la sexualité à l’école n’est pas perçue ni appliquée comme une obligation légale. En l’absence de bilan des actions engagées depuis 2001 il n’est pas possible de mesurer l’ampleur des efforts à accomplir pour satisfaire aux dispositions de la loi qui prévoit trois séances annuelles dans tous les établissements scolaires et pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale..

Mesures

A partir des constats et des pistes avancées par ce rapport le Ministère de la santé et des sports, a annoncé des mesures :

  • inscrire la prévention des grossesses non désirées et la prise en charge de l’IVG comme une composante à part entière de l’offre de soins et de prévention en demandant aux agences régionales de santé d’inscrire obligatoirement un axe « prévention et prise en charge des grossesses non désirées » dans les plans régionaux de santé,
  • renforcer sur tout le territoire le réseau des centres de planification et d’éducation familiale qui constituent le pilier de la politique de prévention des grossesses non désirées, en particulier pour les mineures
  • mais aussi dans les zones dépourvues de centres de planification, mettre en place un accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures auprès des professionnels de santé volontaires,
  • revaloriser en 2010 d’au moins 10% la tarification des IVG chirurgicales dans les établissements de santé

Télécharger le rapport de synthèse de l’IGAS sur le site de la Documentation française
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/brp/telestats.cgi?brp_ref=104000049&brp_file=0000.pdf


Rapport 2009 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles

Le rapport 2009 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) s’efforce de dresser un panorama aussi complet que possible des quartiers sensibles, en reprenant le détail des thématiques sociales et urbaines caractéristiques des modalités d’intervention de la politique de la ville.

Les chapitres du rapport

- L’emploi
- Les entreprises
- Les revenus des habitants
- L’habitat
- Les équipements
- La santé
- Les établissement et la réussite éducative
- La sécurité et la tranquillité publiques
- La mise en oeuvre de la politique de la ville

La santé

« Les Zus présentent dans leur ensemble des densités de professionnels de santé par habitant bien moindres que celles observées dans les unités urbaines les abritant ou sur le territoire national. La situation la moins défavorable est celle observée pour les pharmaciens d’officine : en Zus, leur densité s’élève à 72% de celle relevée dans les unités urbaines abritant ces quartiers. Les écarts sont plus prononcés pour les orthophonistes dont la densité en Zus représente 54% de celle observée dans les unités urbaines qui les abritent. Suivent les chirurgiens- dentistes et les masseurs-kinésithérapeutes qui présentent des profils relativement proches.
Enfin, les infirmiers sont particulièrement sous- représentés dans les Zus, avec une densité par habitant en Zus s’élevant à 37% de celle mesurée dans leurs unités urbaines.
Les professionnels de santé sont cependant nombreux en bordure ou à proximité immédiate de ces quartiers, contribuant par là même à réduire les écarts d’accessibilité aux soins entre les Zus et le reste du territoire. »

Disponibles sur le site du Comité interministériel des villes :
- Le rapport 2009 de l’ONZUS
http://extranet.ville.gouv.fr/docville/Rapport_ONZUS_2009_integral.pdf


Rapport « La santé mentale, l’affaire de tous »

Un rapport établi par le Centre d’analyse stratégique, à la demande de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du développement de l’économie numérique.

L’état des lieux du rapport en matière de santé mentale se divise en deux parties :
• les pathologies dites « de la modernité » (stress, détresse psychologique, dépression, suicide)
• le bien-être et la santé mentale positive (dont la confiance en soi et le sentiment d’être en capacité de faire face aux difficultés)

Télécharger « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie »
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_Sante_mentale_version_18nov09validdqs2.pdf

Le rapport présente des chiffres concernant l’état de la santé mentale en France

On note un recul du suicide qui représente moins de 2 % des décès. La dépression, dans sa forme la plus sévère, est stable autour de 3 %. Par contre, la détresse psychologique a considérablement augmenté : elle a été multipliée par trois en vingt ans et touche un Français sur cinq.

Les jeunes (avec un pic d’anxiété chez les 15-19 ans), les actifs (avec un rajeunissement de la dépression) et les femmes sont actuellement plus exposés.

Les femmes et les hommes présentent des profils de santé mentale différents :
• Les femmes développent des symptômes ou des pathologies, détresse psychologique, stress, idéations suicidaires et tentatives de suicide. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir pris des médicaments psychotropes au cours de l’année, et ce quel que soit l’âge (24,3 % vs 13,8 % parmi les 18-75 ans).
• Les addictions, drogues, violence sont davantage des comportements masculins. Ils se suicident trois fois plus que les femmes et cette tendance augmente d’autant avec l’âge.

Les personnes âgées : les taux de suicides aboutis sont six fois plus élevés dans la population âgée de plus de 85 ans par comparaison aux 15-24. Les taux de décès par suicide les plus élevés sont le fait des veuf(ve)s puis des personnes divorcées ; les célibataires et les personnes mariées présentant les taux les plus faibles.

Le rapport attire également l’attention sur des phénomènes peu connus, comme le « syndrome du bâtiment malsain » et l’addiction aux jeux vidéos des jeunes.
Il précise aussi certaines idées, comme la consommation d’alcool à l’adolescence qui touche en majorité les enfants de ménages favorisés.
Enfin, il met en avant des pratiques innovantes pour répondre à ces enjeux : à l’étranger, les tribunaux canadiens de santé mentale, l’éduction artistique au Vénézuéla, l’autopsie psychologique en Finlande, en Grande Bretagne et au Canada, ou le programme Prisma au Québec pour la prévention de la dépendance. En France, sont également à développer les Centres d’accueil et de crise, structures intermédiaires entre psychiatrie et médecine générale ou des initiatives comme « Un toit – Deux générations » pour contribuer au maintien à domicile des personnes âgées.

Quelles recommandations ?

Les données du problème incitent à faire rapidement évoluer des approches de la santé mentale encore trop réactives, fragmentées ou sectorielles, strictement sanitaires ou médico-sociales Le plan « santé mentale » français recouvre ainsi des réalités essentiellement associées à la psychiatrie et à la maladie mentale.
L’inscription de la gestion des risques psychosociaux à l’agenda marque donc une inflexion majeure dans l’émergence d’une nouvelle problématique « santé mentale et société ».

La santé mentale et la satisfaction dépendent de facteurs environnementaux (famille, éducation, emploi, logement, etc.) et de comportements individuels (tabagisme, recours au système de soins, etc.).
Une amélioration significative ne peut donc être obtenue que par une action continue.
La sensibilisation et la responsabilisation de l’ensemble des acteurs vis-à-vis de la santé mentale constituent les voies les plus souhaitables. Il s’agit de ne pas s’appuyer sur le seul système de santé et sur les personnels soignants mais d’amener chacun, pouvoirs publics, employeurs, managers, enseignants, associations, particuliers à faire progresser, même modérément, sa prise en considération des enjeux de santé mentale.

Dans cet ordre d’idées, quelques préconisations sont envisagées:
• Eviter la consommation excessive d’antidépresseurs. Selon la DREES, sur 100 personnes ayant consommé un antidépresseur dans l’année, 56 % d’entre elles n’ont ni troubles anxieux, ni troubles dépressifs justifiant l’usage de substances psychoactives.
• Doter chaque jeune d’un capital personnel : développer le plus tôt possible des compétences complémentaires à celles délivrées par les enseignements traditionnels, d’après les travaux anglo-saxons sur l’importance des compétences émotionnelles, cognitives et sociales censées favoriser la cohésion et l’intégration, le développement des dispositions à l’apprentissage, de l’identité et de la confiance en soi, comme la préparation à la vie en collectivité.
• Réhabiliter la qualité de vie au travail: porter par exemple une attention accrue aux restructurations en période de crise avec la mise en place d’une véritable surveillance de l’état de santé des salariés en restructurations ; sensibiliser massivement dans leur formation ou leur vie professionnelle des managers aux instances de dialogue social, aux liens entre santé et restructurations et aux mise au point de plans d’action, de prévention et de réparation, d’accompagnement, définir une stratégie publique adaptée, notamment pour l’inspection du travail.
• Répondre aux enjeux du grand âge et de la dépendance: mieux reconnaître la place des aidants familiaux pour mieux concilier vie professionnelle et vie familiale et pour prévenir les risque de burn-out des aidants ainsi que les risques d’isolement ou de maltraitance des aînés, valoriser les métiers de service à la personne, généraliser le modèle de gestionnaire de cas (guichet unique) en matière de dépendance, développer les gérontechnologies.

source : communiqué de presse du Centre d’analyse stratégique
http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1079


La psychiatrie en France : de la stigmatisation à la médecine de pointe

Un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS, créé en 2003, est un organisme commun au sénat et à l’Assemblée Nationale).
 » La politique de santé mentale est une partie intégrante de la politique de santé publique… C’est parce que les pouvoirs publics n’ont pas tenu compte de cette évidence que la psychiatrie française se trouve aujourd’hui victime d’un double abandon… La société occidentale s’est séparée de la folie, elle a voulu éloigner et isoler ceux qu’elle identifiait comme fous… L’abandon des soignants ensuite, car la stigmatisation du malade rejaillit sur eux.  »

Les propositions de l’OPEPS :

- organiser des états généraux de la santé mentale qui réunissent l’ensemble des professionnels concernés, leur permettre de s’exprimer et les assurer que la réforme de la psychiatrie ne se fera ni sans eux ni contre eux

- autoriser, dans le cadre d’expérimentations départementales, la mise en place des groupements locaux pour la santé mentale préconisés par le rapport Couty

- à partir du résultat des états généraux et des expérimentations, présenter au Parlement un projet de loi sur la santé mentale susceptible de permettre l’adaptation de l’organisation territoriale de la psychiatrie aux besoins de la population

- créer une spécialisation de niveau master en psychiatrie pour les infirmiers

- permettre aux infirmiers déjà titulaires du diplôme d’Etat d’infirmier de secteur psychiatrique d’exercer une
activité libérale en matière de soins psychiatriques

- renforcer les coopérations entre professionnels de santé mentale à partir de protocoles élaborés par la Haute Autorité de santé

- renforcer la formation initiale et continue des médecins généralistes en psychiatrie ainsi que les échanges d’information avec les psychiatres

- assurer l’application des recommandations de la HAS en matière de bon usage du médicament psychotrope conformément aux préconisations de l’Opeps en 2006

- développer les campagnes d’information et de dé-stigmatisation des troubles psychiatriques

- mettre en place un suivi de cohortes en matière de troubles psychiatriques

- conduire des études épidémiologiques dans le cadre de la politique régionale de santé

- développer la prise en charge des troubles psychiatriques par catégorie d’âge

- conforter les moyens de la recherche en psychiatrie ainsi que ceux de la recherche interdisciplinaire

- constituer un réseau national en matière de recherche psychiatrique

- accorder à la fondation FondaMental un statut équivalent à celui de la fondation Alzheimer

Télécharger sur le site du sénat Rapport sur la prise en charge psychiatrique en France, Rapport n° 328 (2008-2009) de M. Alain MILON, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé