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La mort à l’hôpital

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS)

L’enquête sur « la mort à l’hôpital » menée par l’IGAS montre qu’alors que plus de la moitié des français meurent en établissement de soins, et notamment dans les hôpitaux publics, la prise en charge de la mort ne fait pas partie des missions reconnues à l’hôpital. Pour les acteurs hospitaliers, la mort est vécue comme une incongruité, un échec, et à ce titre largement occultée.

Constat

Environ 58% des français meurent dans un établissement de santé.La cause de la mort conditionne l’endroit où l’on meurt. Seulement 20% des malades qui meurent à l’hôpital bénéficient de soins palliatifs financés, et il s’agit dans plus de 80% des cas de cancéreux.
A l’hôpital comme ailleurs, la mort reste un tabou et son évocation met mal à l’aise. A l’exception des réanimateurs ou des responsables de soins palliatifs qui la fréquentent tous les jours et se sont forgés des comportements adaptés, le personnel hospitalier, et notamment médical, la vit comme un échec : il souhaite rarement s’appesantir ou communiquer sur le sujet.
La prise en charge de la mort ne figure pas explicitement parmi les missions de l’hôpital. Dans le code de la santé publique, elle n’est abordée qu’à partir de questions juridiques particulières, au chapitre des prélèvements d’organes, ou comme un simple mode de sortie de l’hôpital, voire en tant que complication iatrogène.
L’essentiel des moyens nécessaires à l’accompagnement des patients et des familles n’est jamais évalué, alors même que les interlocuteurs de la mission soulignaient à quel point le décès était un phénomène fortement consommateur de temps de personnel. Cette situation freine les initiatives, dans la mesure où ces charges sont perçues par les services comme un surcroît de travail qui n’est pas pris en considération.
La difficulté de définir la fin de vie s’accompagne souvent de la réticence des services à la reconnaître. L’annonce faite au malade et l’accompagnement des proches ne sont pas systématiquement envisagés et les personnels n’ont pas toujours le savoir faire ou la volonté nécessaires.
L’absence de réflexion globale, au niveau national comme au niveau des établissements, sur la question de la mort à l’hôpital aboutit à une hétérogénéité des pratiques au niveau même des services. Outre la prise en charge des personnes en fin de vie, l’aide aux familles, le recours aux bénévoles et la place accordée aux religions sont des questions qui varient notablement d’un service à l’autre.

Les propositions visent à :

- Faire jouer un rôle plus actif à la certification des établissements de soins
- Améliorer l’information statistique sur la mort à l’hôpital
- Développer les connaissances sur la mort et les morts à l’hôpital
- Améliorer la prise en charge des personnes qui meurent à l’hôpital
- Accompagner le deuil des proches et améliorer la qualité des activités mortuaires
- Mener des enquêtes complémentaires sur les champs non couverts par la présente enquête

Le rapport

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/La_mort_a_l_hopital_-_Igas_-_Tome_1_-_janvier_2010_.pdf

Les annexes

http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/La_mort_a_l_hopital_-_Igas_-_Tome_2_-_janvier_2010_.pdf

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