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Les 16-25 ans. Ordres et désordres – Numéro 229 – 56 pages

Editorial de Jean-Louis Salomez, directeur de la publication

Notre époque aime les classes et les catégories, les groupes et les sous-groupes, les ensembles et les partitions, les minorités parfois visibles, les majorités qui font sens. Elle doit ainsi réinventer en permanence une nouvelle sémantique et plier la langue aux exigences de catégorisation. Le mot «jeune» par exemple n’a connu longtemps qu’un antonyme, «vieux». Désormais être jeune ce n’est plus être enfant, ce n’est pas être adulte encore moins senior. C’est être un peu adolescent et pourquoi pas adulescent. On sent là l’imprécision. Il nous manquait des chiffres, de ces références bien quantitatives qui rassurent et permettent enfin la classification. «Les jeunes de 16-25 ans» ! Voila une catégorie claire et peu importe que s’y côtoient lycéens et étudiants, jeunes actifs, et demandeurs d’emploi, insérés et en insertion, Tanguy et chefs de famille, tous réunis par une même caractéristique qu’englobe le site de l’INPES (le Portail Santé Jeunes) : ce sont ceux que l’on peut encore tutoyer ! Au delà du persiflage, cette catégorie a-t-elle un sens pour la santé publique ? Probablement oui si l’on fait référence au concept d’autonomisation en santé. C’est l’époque en effet où, dégagé progressivement du cercle familial mais pas de son influence, le jeune se forge ses propres attitudes et comportements. C’est le moment où, s’affranchissant progressivement du statut d’ayant-droit, il se retrouve en position de gérer lui-même sa santé, son mode de vie, ses prises de risque, sa vie affective ; or bien souvent, comme nous l’ont apprises les nombreuses enquêtes épidémiologiques réalisées sur cette tranche d’âge, les connaissances restent encore fragmentaires ou erronées et les besoins de soutien, d’accompagnement, de services et plus globalement d’éducation pour la santé importants à cet âge. Alors non aux classifications comme méthode d’enfermement, d’étiquetage, de gommage des différences au sein d’une même classe, oui lorsqu’elles permettent une focalisation sur une période critique, sur un processus de changement social, culturel, sanitaire. C’est le cas pour les «16-25 ans» car même s’il s’agit en règle de la tranche d’âge où les indicateurs sanitaires sont les meilleurs, c’est le moment où se construisent les rapports avec la société et avec sa propre santé. L’enjeu pour nous, acteurs de santé publique et d’éducation pour la santé est majeur. Et peu importe s’il faut pour cela que nous les tutoyons un peu.

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SOMMAIRE DU NUMÉRO

  • Tribune libre
  • Le bonheur d’être jeune. Par Michel Fize et Marie Cipriani- Crauste
  • Epoque brèves
  • Pertinentes impertinences. Interview d’Olivier Lacoste
  • Epoque évènements
  • Une nouvelle équipe en charge de la santé au sein du Conseil Régional Nord – Pas-de-CalaisInterviews de Cécile Bourdon et Pierre de Saintignon
  • Peut-on encore penser local ? Réflexion sur la deuxième journée de débat organisée par l’ORS Nord – Pas-de-Calais
  • La création des Agences Régionales de Santé. Interview de Daniel Lenoir
  • DOSSIER

    LECTURE SINGULIÈRE


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